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HISTOIRE

 

Histoire


Benoît est né à Nursie (Norcia), en Italie, vers 480-490 et mort au Mont-Cassin le 21 mars 547. Patriarche des moines d’Occident, le pape Paul VI l’a proclamé en 1964 saint patron de l’Europe. Il est fêté le 11 juillet (et non plus le 21 mars qui tombait en carême).


Le monde romain est tombé en ruine quand Benoît s’engage dans une société en plein renouvellement marquée par les « barbares ». Nous connaissons sa vie à travers la règle qu’il a donné aux moines mais aussi par le second livre des Dialogues de saint Grégoire Ier le Grand (mort en 604), ouvrage marqué par le merveilleux.


Benoît et sa soeur Scholastique appartiennent vraisemblablement à une famille très chrétienne. Benoît étudie à Rome où les désordres du monde l’incitent à partir vivre en ermite dans une grotte à Subbiaco. Des bergers le découvrent vivant comme une bête sauvage et bientôt on se presse pour venir le consulter en échange d’offrandes alimentaires. Il cherche à maitriser un furieux accès de sensualité en se roulant nu dans les orties et les ronces.


Des moines des environs voudraient le prendre comme supérieur mais ne supportent pas ses exigences et auraient cherché à s’en débarrasser par le poison. Il part et rassemble des disciples romains et barbares jusqu’à fonder douze monastères. Benoît s’installe pour le restant de ses jours dans le site grandiose du Mont-Cassin en détruisant le lieu de culte et l’idole païenne. Benoît agit en missionnaire dans la région sans être prêtre.


Le Mont Cassin fut maintes fois détruit par les guerres et les tremblements de terre… jusqu’au bombardement américain de 1944. Benoît impressionne Totila le roi des Goths qui vient le visiter en 546. La rencontre avec sa soeur sainte Scholastique est beaucoup plus spirituelle.


L’Abbé de Fleury  (Saint-Benoît-sur-Loire), en 672-674, envoie des moines rechercher les restes supposés de saint Benoît et sainte Scholastique. Ainsi, Saint-Benoît-sur-Loire devient un grand lieu de pèlerinage.


La règle de Saint Benoît rédigée entre 500 et 530 reste un modèle d’équilibre et de souplesse qui va s’imposer dans le monde entier dès les grandes découvertes du XVIe siècle. Cette règle remplace « la règle du Maitre » (anonyme). Elle comprend soixante-treize chapitres. L’ensemble est cohérent malgré son plan relatif. Dieu parle par cet écrit au lecteur.


La réflexion sur le pater dans la seconde introduction appelle à suivre la volonté du Père. Les chapitres suivants développent les exigences du cénobitisme (de la vie en communauté) des vertus à pratiquer et des vices à éviter. Ora et labora, « Prie et travaille » reste la devise des Bénédictins. La règle insiste sur l’obéissance, la chasteté, la pauvreté, la taciturnité (le silence et la discrétion) et l’humilité…


L’abbé doit agir comme un père mais rassemble la communauté pour entendre les conseils de ses frères avant de prendre les grandes décisions. Dans le monastère, il n’y a normalement plus de différence entre riches et pauvres, hommes libres ou esclaves. L’abbé désigne et met en place son successeur avant de mourir.


A l’origine, pas de prieur qui risque de convoiter la place de l’abbé mais de nombreux « officiers » comme le cellérier, responsable de la cuisine, des aumônes et de la vie  matérielle. La règle est un règlement, un code de lois et un organigramme qui règle toute la vie quotidienne du lever au coucher du soleil. La communauté éduque des enfants et met à l’épreuve la vocation des futurs moines.


Durant les VIe et VIIe siècles la plupart des monastères préexistants rallient la règle bénédictine. Les Carolingiens soutiennent la réforme de saint Benoît d’Aniane (750-821)… Les monastères bénédictins se multiplient partout en Europe. Au XIe-XIIe siècles le monachisme connait une nouvelle apogée avec Cluny. La réforme la plus célèbre de l’ordre est celle de Cîteaux marquée par la personnalité de saint Bernard… tous ces moines ont aussi façonné les paysages européens et fait progresser le savoir. Le monastère est un lieu de vie matérielle et spirituelle à peu près autonome.


Les moines bénédictins en quête d’union avec Dieu, montrent qu’une autre vie dans ce monde est possible, que nous pouvons « changer la vie » et ils nous invitent  aujourd’hui encore à aller à l’essentiel bien au delà de ce que nous offre notre société de consommation.

Jean Bosco est né à Castelnuevo d’Asti, près de Turin en Italie alors  capitale des Etats sardes, le 16 août 1815 et mort à Turin le 31 janvier 1888. Orphelin de père dès l’âge de deux ans, il est élevé par sa mère Margherita Occhiena, paysanne plutôt sévère qui lui inculque la crainte de Dieu et une forte dévotion envers la Vierge Marie… Il est ordonné prêtre en 1881. Dès lors il consacre sa vie à l’éducation des jeunes. Il rassemble tous les dimanches et jours de fête les jeunes apprentis de la ville pour une formation humaine et chrétienne, dans son oratoire Saint-François-de-Sales. Il est très apprécié des jeunes qu’il acccompagne dans leur formation professionnelle et à qui il donne des cours du soir, fournit des livres scolaires et parfois un toit pour s’abriter. Un atelier et un foyer sont bientôt créés près de l’oratoire.


A force d’insistance, il fait reconnaître par Rome sa congrégation masculine en 1874 puis une congrégation féminine. Il parvient avec beaucoup de peine à trouver les fonds nécessaire à la construction de l’église Marie-Auxiliatrice de Turin (1868) puis celle du Sacré-Coeur à Rome inaugurée en 1875. Il fait un voyage triomphal à Paris, précédé par sa réputation de bonté, de pédagogue mais aussi de guérisseur par l’intercession de Marie-Auxiliatrice. Il rapporte de quoi financer ses oeuvres. Malgré la vieillesse et l’épuisement, il voyage à Barcelone et revient par Grenoble. L’enthousiasme des dauphinois est délirant au point qu’on déchire sa soutane et lui arrache des cheveux pour faire des reliques…


Jean-Bosco veut rendre la sainteté accessible à tous, par le service des autres. Il refuse l’austérité de la religion de son temps et le jansénisme. Il veut contrer la progression du protestantisme. Pour lui, un chrétien doit être toujours joyeux. Il apprécie l’humour de Philippe Néri et fait de François de Sales le patron de son oeuvre. Dans une époque d’essor scientifique et industriel, il représente le « bon sens paysan », la force du surnaturel, la possibilité du miracle. Canonisé par Pie XI, le 1er avril 1904, il est fêté le 31 janvier. Il demeure un saint populaire.

Histoire par Philippe Niederlender

Jean Bosco, un saint populaire

Histoire par Philippe Niederlender

Benoît de Nurcie

saint patron de l’Europe

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