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Groupe inter-religieux

ABD-EL KADER


Né en 1808, dans l’ouest algérien, ABD-EL KADER apprend les sciences religieuses, la langue et la littérature arabe, les mathématiques, l’astronomie, l’histoire et la philosophie. Agé de 24 ans en 1832 il est proclamé « émir » et entame son combat contre les Français qui occupent l’Algérie depuis 1830. Il se bat jusqu’en 1847  alors que la conquête de l’Algérie  devient  de plus en plus violente, voire atroce, sous l’impulsion du général français BUGEAUD.. Affaibli après la prise de sa « SMALA » en 1843,  mis hors la loi en Algérie en 1844, refoulé par ses anciens alliés marocains en 1847, l’Emir ABDELKADER demande de partir vers l’Orient, mais est dirigé vers la France.


    Emprisonné à Toulon, puis à Pau et finalement à Amboise, il est libéré par Louis Napoléon Bonaparte en 1852 et, après un séjour à Constantinople, il quitte définitivement la France en 1855.


Etabli à DAMAS, sa vie quotidienne se déroule ainsi :


« Il se lève deux heures avant l’aube et s’adonne à la prière, à la méditation religieuse jusqu’au lever du soleil. Il se rend alors à la mosquée. Après avoir passé une demi-heure en dévotions publiques, il rentre chez lui, prend une rapide collation, puis travaille dans sa bibliothèque jusqu’à midi. L’appel du muezzin l’appelle une nouvelle fois à la mosquée, où sa classe est déjà rassemblée, attendant son arrivée. Il prend un siège, ouvre le livre choisi comme base de discussion, et lit à haute voix ; constamment interrompu par des demandes d’explications qu’il donne en ouvrant ces trésors multiples d’études laborieuses, d’investigations et de recherches qu’il a accumulées tout au long de son existence agitée. La séance dure trois heures… après quoi il se retire pour se reposer. »


En 1860, des troubles confessionnels éclatent au Liban entre des fanatiques sunnites et des chrétiens et gagnent DAMAS. Ab el KADER, aidé par ses fils et ses compagnons s’emploie à défendre la communauté chrétienne. En reconnaissance, la France lui  accorde la Légion d’Honneur, le pape PIE IX l’ordre de ST. Grégoire, le roi de Prusse et le tsar de Russie le félicitent chaleureusement.


Invité à l’inauguration du Canal de Suez en 1869, il écrit à Ferdinand de Lesseps : 


«Aucune personne intelligente ne peut mettre en doute que votre œuvre ne soit d’une utilité générale dont les avantages rejailliront sur la plupart des habitants de la terre, d’une extrémité à l’autre. Nous prions le Très-Haut de vous en faciliter l’achèvement et de réaliser la jonction des eaux.»


Durant les dernières années de sa vie, il poursuit la rédaction d’écrits mystiques inspirés par le soufisme et notamment par son maitre spirituel Ibn Arabi à côté duquel il sera inhumé après son décès en 1883.


  Le 4 juillet 1966, les restes de l’Emir Abdelkader sont rapatriés en Algérie ; ce transfert  4 ans après la  proclamation de l’indépendance rend hommage à la résistance dirigée par l’émir ( 1832-1847)  qui a inspiré le combat des nationalistes algériens de 1920 à 1962.


Aujourd’hui, une autre dimension du personnage émerge : Abdelkader apparaît comme l’homme de la synthèse entre Orient et Occident, entre résistance à l’Autre et acceptation des apports de «   l’étranger ». Il est un homme de la méditation à la fois rationaliste et métaphysique, prônant un Islam d’ouverture et de réformes. Ses écrits spirituels et le rôle singulier du politique par rapport au religieux restent à redécouvrir, annonçant les temps présents du XXIe siècle.


JEAN-MARIE ESCH.


Source principale pour Abdelkader : Benjamin STORA.

CHARLES DE FOUCAULD né en 1858 à STRASBOURG, orphelin à 6 ans, est élevé par ses grands-parents maternels. En 1871, après la défaite de la France face à la Prusse, il poursuit ses études à Nancy où il obtient son bac et perd la foi. En  1876, il intègre Saint-Cyr et, profitant de son héritage, mène une vie dissolue. A 23 ans, il décide de démissionner de l’armée afin d’explorer le Maroc en se faisant passer pour un Juif. Il est touché par la beauté des paysages et par la piété musulmane ; la qualité  de ses travaux lui vaut la médaille d’or de la Société de géographie, et une grande renommée suite à la publication de son livre Reconnaissance au Maroc. (1888).


De retour en France et après diverses rencontres, il retrouve la foi et devient religieux chez les Trappistes en 1890, en France, puis en Syrie. Sa quête d’un idéal encore plus radical de pauvreté, d’abnégation et de pénitence le pousse à quitter la Trappe afin de devenir ermite en 1901. Il vit alors en Palestine, écrivant ses méditations qui seront le cœur de sa spiritualité, comprenant la Prière d’abandon.


Ordonné prêtre à Viviers, il décide de s’installer dans le Sahara algérien, à Béni-Abbès. Il ambitionne de fonder une nouvelle congrégation, mais personne ne le rejoint. Il vit avec les Berbères et développe un nouveau style d’apostolat, voulant prêcher non par les discours, mais par l’exemple. Afin de mieux connaître les Touaregs, il étudie pendant plus de 10 ans leur culture, publiant sous un pseudonyme  le premier dictionnaire touareg-français.

Le 1er décembre 1916, Charles de Foucauld est assassiné à la porte de son ermitage à Tamanrasset.


Lors du concile Vatican II, la modernité de sa vision par la place importante que Charles donne aux laïcs, par son respect de la liberté de conscience, mais aussi son rapport avec d’autres religions, est mise en avant. Enfin la redécouverte de ses travaux scientifiques et les études des ethnologues sur les Touaregs ont revalorisé son immense travail.


Après ces deux présentations, des  questions ont  été posées et les Petites Sœurs de Jésus qui habitent le quartier voisin de la cité nucléaire de Cronenbourg ont témoigné de leur mission, inspirée par Charles de Foucauld.


Mohamed LATAHY

SOIREE  ISLAMO-CHRETIENNE du 21/11/2012.


  Dans le cadre de la semaine du dialogue islamo chrétien le GIR (Groupe interreligieux) de Hautepierre a proposé au Centre Martin Bucer une soirée : «  REGARDS CROISES. « Tout en dégustant un délicieux couscous une cinquantaine de participants  a écouté avec attention deux exposés :  le musulman Abdelkader a été présenté par  un chrétien Jean-Marie ESCH,  puis le chrétien Charles de Foucauld par un musulman Mohamed LATAHY.

Les deux orateurs ont retracé les grandes étapes de la vie de ces deux remarquables personnalités.

Tous les ans, au mois de novembre, les musulmans et les chrétiens consacrent une semaine dite islamo-chrétienne pour approfondir leur connaissance mutuelle. Cette année dans le secteur de Hautepierre-Koenigshoffen, une soirée est prévue à cet effet au Centre Ditib, (4 rue Thomas Mann, 67200 STRASBOURG) à la maille ATHENA,


le mercredi 19 novembre 2014, à 19h 30


Au programme : « l’au-delà dans les religions musulmane et chrétienne, à travers dialogue, art et musique ». Les chorales seront mises à contribution. La soirée va se terminer par un apéritif festif. Boissons et buffet froid seront offerts. Vous y êtes cordialement invités.

ARTICLE par Pius KATUMPWE

Semaine islamo-chrétienne

Dialogue inter - religieux

MESSAGE par Philippe Niederlender

Rencontre islamo-chrétienne à Hautepierre


Dans le cadre de la semaine islamo-chrétienne, le mercredi 19 novembre 2014 à 20H00, plus de quatre-vingt personnes des communautés musulmanes, protestante et catholique des quartiers Hautepierre - Koenigshoffen se sont retrouvées, 4 rue Thomas Mann, à Hautepierre pour échanger sur “l’approche chrétienne et musulmane de l’au-delà à travers le dialogue entre l’art et la musique”. Cette rencontre conviviale animée par M. Aziz El Alouani, commença par la psalmodie d’un verset du Coran.


Jean-Marie Esch, professeur d’histoire, expose la vision chrétienne de l’au-delà à partir de la fresque du Jugement dernier de la chapelle Sixtine, au coeur du Vatican. Cette oeuvre de la Renaissance, peinte entre 1536 et 1541 par Michel-Ange Buonarroti, célèbre le corps humain avec 391 personnages sur 200 m2. Un Christ, au corps beau et puissant, entouré des instruments de la Passion, attire vers lui les justes après la résurrection des morts à la fin des temps alors que les réprouvés chutent en enfer... Cette fresque montre non seulement le rôle de l’image dans le catholicisme mais encore l’importance de l’homme et de son corps dans le christianisme. Pius Katumpwe, curé de la communauté de paroisses Saint-Benoît - Saint Jean-Bosco, présente ensuite les références scripturaires de ce chef-d’oeuvre dans l’Evangile de saint Mathieu chapitre 25, versets 31 à 46. “j’avais faim et vous m’avez donné à manger...”


Claudia Schultz, pasteur de la paroisse protestante de Hautepierre, se penche sur les pratiques occidentales contemporaines autour d’une mort occultée mais aussi sur l’affirmation centrale de la foi chrétienne en la résurrection.  De nos jours, la mort a disparu dans la transmission de la culture aux enfants, sauf quand on évoque la Passion du Christ ou des symboles comme le sommeil des gisants de pierre ou l’évocation du grain tombé en terre qui doit mourir pour produire du fruit...


La chorale de Saint-Benoît - Jean-Bosco interprète, avec une partie de l’assemblée, l’hymne “A toi la gloire” sur l’air de Judas Macchabée de Georg Freidrich Haendel, puis “au dernier jour” , un chant des esclaves noirs d’Amérique et encore “je crois en toi mon Dieu” repris par les passagers du Titanic lors de son naufrage... autant de témoignages des communautés qui se rassemblent pour prier à l’heure du passage vers Dieu.


La théologienne musulmane Emine Mutlu montre combien la vie éternelle donne sens à la vie ici bas, avant d’expliquer les rites funéraires musulmans, la période de la tombe et l’attente du jugement dernier. Le Coran présente les bouleversements cosmiques de la fin des temps et les trompettes du Jugement qui évoquent le texte de l’Apocalypse pour les chrétiens. La mort est une certitude commune pour tous les humains, mais ce qui se passe après la mort reste “au-delà” des mots et de l’imagination. Ainsi les images du paradis et de l’enfer suscitent chez le croyant un équilibre entre espoir et crainte. Après quelques questions, la réflexion se termine par la récitation d’une sourate, le chant mélodieux d’un beau “nachid”. Ce temps fort entre musulmans et chrétiens du quartier se prolonge autour d’un buffet.

Semaine islamo-chrétienne

du 14 au 20 novembre 2015

…en particulier à Hautepierre : vendredi 20 novembre à 20h, au Centre Martin Bucer  7 rue Gioberti,  rencontre autour du thème :

« Le mariage à l’épreuve des religions »

Voir dépliant au fond de l’église

Rencontre Islamo-Chrétienne

Vendredi 18 novembre 2016

à 19H30 à Saint Jean-Bosco

Article de Jean-Marie ESCH

Inauguration de la Mosquée de Hautepierre


   Le vendredi 19 mai 2017, le père Pius, curé de la paroisse Saint Benoît et Jean-Marie Esch, président du conseil de fabrique étaient invités à l’inauguration de la Mosquée Arrahma (Miséricorde) de Hautepierre. Dans l’assistance, outre les élus, les représentants  des cultes juif et protestant dont le pasteur Claudia Schultz étaient également présents.

    Tous ont découvert un bel édifice : la salle de prière surmontée de deux mezzanines et coiffée d’une coupole. Le président de la Réforme sociale (association à l’origine du projet) a souligné que lors  de la construction  « pas un seul tag, pas un seul message » n’a souillé le bâtiment. Il a souhaité que cette mosquée soit «  ouverte à toutes les confessions et un symbole du vivre ensemble ». Ce vœu a été partagé par les intervenants des autres religions.

    Le père Etienne Uberall au nom des catholiques, a rappelé que le quartier de Hautepierre a été pionnier dans le dialogue  interreligieux, car c’est chez nous que le premier calendrier recensant les principales fêtes des diverses communautés religieuses a été élaboré dès 1990 !

    Soyons légitimement fiers de ce passé qui nous encourage aujourd’hui à  poursuivre le dialogue entre croyants.